C’est avec joie que nous avons migré sur la plate-forme http://antifa-net.fr/.

Parce que si le contenu de ce blog n’est pas nécessairement centré sur la question de l’antifascisme, sa ligne s’inscrit clairement dans le combat antifasciste.

Parce que les luttes sont connectées, parce que nous écrivions souhaiter être

« une intersection, ce lieu où l’on passe, ce foyer où l’on se chauffe les mains, où l’on échange, souffle sur les braises, quitte à en prélever quelques unes pour ailleurs. Un point d’étape. Un bivouac militant. Un feu de veillée d’une improbable guérilla. Un braséro de piquet de grève. Parfois un feu de joie célébrant quelque victoire ponctuelle. »

Pour un antifascisme relié à nos luttes diverses. Pour un antifascisme s’inscrivant dans un maillage de combats contre toutes les formes de dominations et d’oppressions.

padigton migration is not a crime

Notre adresse est donc désormais http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr

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Tibet : Mélenchon et Thréard, les deux faces d’une même pièce

Dans « la matinale » du jeudi 26 janvier 2012, sur LCP, Yves Thréard, déclare, dans les toutes dernières secondes de l’émission que le Tibet est une société de « mode médiéval » ajoutant que « Jean-Luc Mélenchon n’a pas tout à fait tort dans ce qu’il dit sur le Tibet  […] J’ai toujours partagé son opinion sur là dessus ».

La « Civilisation », argument choc des colonialistes

Qu’on ne s’y trompe pas, l’oppression d’un peuple par un autre trouve souvent sa source dans ce principe : il y aurait les sociétés avancées, porteuses de civilisation, de modernité, et les sociétés archaïques « à civiliser » pétries d’obscurantisme et en manque de progrès. C’est sur ce principe qu’a toujours avancé le colonisateur. Que la Chine ait elle-même subit les velléités colonialistes de puissances occidentales par le passé n’y change rien.

Jacobinisme et centralisme : une question très française

La France de ces derniers siècles s’est construite sur le jacobinisme (même si certaines racines du jacobinisme remontent à bien plus tôt). C’est l’idée qu’un territoire doit voir tous ses habitants unis sous un même drapeau, une même langue unique et un gouvernement centralisé. Sans débattre plus que ça du bien-fondé de ce projet et de son résultat, nous pouvons simplement en dresser le constat : la France a comme fondement un état centralisé et jacobin. La France « une et indivisible » est un objectif réaffirmé lors de la Révolution de 1789 chez les membres du « club des jacobins » (d’où le nom de ce projet). C’est ainsi que s’est historiquement construit l’État « moderne ».

Et ce fondement est un héritage partagé par un spectre politique très large (« Gauche de la Gauche » républicaine, sociaux-démocrates, radicaux, gaullistes, souverainistes) avec des défenseurs classés parfois à l’extrême gauche (le POI par exemple) tout comme à l’extrême droite. Qu’ont-ils en commun ?

-Être plutôt opposé au fédéralisme.

-Considérer cet état centralisé comme un bien à défendre, un ciment historique.

-Voir (avec plus ou moins de nuances) les minorités (ou peuples assimilés selon les points de vues) et les nomades, comme des menaces : par leurs langues ou pratiques culturelles, ils apparaissent comme ingrédients de déstabilisation de l’unité nationale. Ils sont souvent dépeints comme peu éduqués, ruraux (voire rustiques), arriérés. Bref, ils n’attendent qu’une chose, « qu’on vienne les civiliser ». Les nomades, par définition moins figés sur un territoire, représentent également une menace pour l’intégrité de l’état-nation, puisqu’ils débordent régulièrement les frontières fixées, participent à la diffusion des langues et pratiques en dehors, et en amènent d’autres à l’intérieur. Leur sédentarisation, ou a minima le contrôle de leurs déplacements constitue une nécessité pour le projet centralisé jacobin.

La France jacobine s’est faite au XIXème et XXème siècles à grands coups contre la diversité culturelle et linguistique qui la composait alors. Ainsi, les institutions françaises ne se sont pas contentées d’exporter leur « civilisation » dans son empire colonial mais a débuté son entreprise « en interne ». 

Entreprise qui s’est appuyée notamment sur l’École, au centre de la construction de la France moderne. Ainsi, à partir de la fin du XIXème siècle, les élèves de Bretagne surpris à parler breton ou gallo se voyait infliger la « punition du sabot » : un sabot lui est accroché autours du cou, lui rappelant sa condition « rurale et provinciale ». L’élève devait ensuite passer ce sabot à un autre élève qu’il surprendrait à ne pas parler français (on encourage la délation), et le dernier élève de la journée recevait une punition supplémentaire.

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Ces méthodes qui semblent venir d’un autre âge au citoyen français d’aujourd’hui marquent cependant la démarche autoritaire d’un état à uniformiser les cultures au prétexte de les « unifier », avec un objectif politique bien plus politique que pratique comme en témoignent ces propos de la révolution de 1789 à nos jours :

Surtout rappelez-vous, messieurs, que vous n’êtes établis que pour tuer la langue bretonne ! Le sous-préfet de Morlaix, Discours aux instituteurs du Finistère, 1845.

La seule réponse à faire aux revendications linguistiques bretonnes, c’est d’emprisonner tous ceux qui les formulent. Albert Dalimier, ministre du Travail et de la Prévoyance sociale et futur ministre de la Justice, discours à Tréboul, 11 septembre 1932.

Il n’y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France destinée à marquer l’Europe de son sceau  Georges Pompidou, 1972

Je rends hommage à l’école laïque et républicaine qui a souvent imposé le français avec beaucoup d’autorité – il fallait le faire – contre toutes les forces d’obscurantisme social, voire religieux, qui se manifestaient à l’époque. Je suis également heureux que la télévision ait été un facteur d’unification linguistique. Il est temps que nous soyons français par la langue. S’il faut apprendre une autre langue à nos enfants, ne leur faisons pas perdre leur temps avec des dialectes qu’ils ne parleront jamais que dans leur village: enseignons-leur le plus tôt possible une langue internationale!
R. Pandraud, Député RPR (ancien de l’UNI et membre du MIL) lors des débats sur l’Europe de Maastricht, 1992

La France à besoin de fabriquer des informaticiens parlant anglais et on va fabriquer des bergers parlant breton ou occitan. Claude Allègre, mai 2001

[Les écoles Diwan, qui pratiquent le breton en immersion] C’est une secte ! Jean-Luc Mélenchon, Sénat, Compte rendu analytique officiel du 13 mai 2008.

Ces exemples édifiants sont centrés sur l’exemple breton mais ont leurs déclinaisons basques, corses, occitanes…

Remplacer « breton » par « tibétain » et français par « chinois », et l’on a l’impression de lire le Quotidien du Peuple. Est-ce à dire que la France est une dictature comparable à la Chine? Évidemment non. Pas de mise en concurrence des oppressions.

Free_Brittany__free_Tibet_by_PebekanaoPar @Pebekanao

On peut en revanche comprendre que la politique centralisatrice et uniformisatrice du gouvernement chinois rencontre une certaine bienveillance, ou au moins une compréhension chez les jacobins français. On peut aussi observer que la France modernes des départements s’est construite en divisant les unité territoriales précédentes (avec l’exemple de la fameuse amputation de Nantes et sa région à la Bretagne sous Vichy), de la même façon que la Chine a « grignoté » au Tibet historique des pans entiers (des régions du Kham et de l’Amdo) aujourd’hui assimilés aux « provinces » du Qinghai, Gansu, Sichuan et Yunnan.

On peut aussi noter que la sédentarisation forcée des nomades et semi-nomades tibétains, mongols, ouïghours, (et même quelques Tadjiks, Kazakhs, Ouzbeks qui fréquentent les mêmes routes) au Tibet et au Turkestan Oriental, est une des luttes acharnées du gouvernement chinois aujourd’hui, à grand renfort de plans d’investissements, d’urbanisation et de colonisation par des populations hans. Toujours au nom du « développement » bien sûr….

Mais quel rapport avec Mélenchon et Thréard ?

Le constat que cette culture jacobine commune imprègne la vie politique française. Des Gaullistes à la gauche républicaine, l’on rencontrera de nombreux admirateurs de la Chine comme « nation moderne ». Il est d’ailleurs intéressant de noter que Jean-luc Mélenchon justifie sa position par « Le Général de Gaulle a reconnu la Chine dans ses frontières actuelles » : la figure de de Gaulle fait référence commune entre un candidat présenté comme de la gauche radicale et un éditorialiste conservateur du Figaro (que tout oppose a priori sur les questions économiques et sociales). Gaulliste parmi les gaulliste, on se souviendra aussi des louanges de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour la Chine du XXIème siècle. Sûrement, encore une fois cette «culture commune » qui a conduit au jumelage officiel insolite du PCC et de l’UMP.

Ça n’est pas un hasard non plus qu’un groupe de hip-hop breton, « Unité Maü Maü », empruntant des références allant d’un marxisme de type guévariste et un discours anti-colonial au zapatisme, parlera plusieurs fois du Tibet dans ses textes (on attend avec délice une réplique de pro-chinois les accusant d’être à la solde des USA).

Rappelons nous aussi que le jacobinisme s’est développé dans la lignée des idées progressistes des Lumières et a donc la même origine que les Droits de l’Homme et le « vent de liberté » qui soufflait en Europe au début du XIXème siècle. Aussi, il jouit d’une vision assez positive dans les populations françaises en générale et la Gauche en particulier. Notamment, c’est ce même élan qui a conduit à la séparation de l’Église et de l’État en 1905 et ouvert les bancs d’écoles sans curés à tous et toutes. Mais cette même laïcité, certains jacobins la brandissent aujourd’hui (loin, très loin des objectifs annoncés de la loi de 1905) pour s’en prendre aux musulmans vivant en France (et surtout finalement aux étrangers ou « pas vraiment français » qu’ils sont censés être), toujours au nom de la France « Une et indivisible ». Le groupe d’extrême droite « Riposte Laïque » (« venu de la Gauche Laïque » ouais ouais…) en étant l’exemple le plus caricatural1. Côté Figaro on retrouvera donc toujours Thréard dans un élan « républicain » brandir l’ « indivisibilité » sur des questions de « femmes voilées »2 ou de ramadan3, et dénoncer « la France, laïque, une et indivisible, qui est attaquée dans ses fondements, bafouée dans son intégrité, reniée sur ses valeurs », qui « ne doit pas devenir multiculturaliste » ou même devrait avoir « Service minimum à l’école »4 (oui quand on est éditorialiste au Figaro, un des rare moment où l’on n’attaque pas les musulmans, c’est pour s’en prendre aux travailleur-euses de l’Éducation Nationale pas assez « aux ordres »).

Et, sans aucun hasard, quand Jean-Luc Mélenchon attaquera une nouvelle fois la lutte du peuple tibétain, il créera de toute pièce un terme parlant pour la culture jacobine d’aujourd’hui : il brandira le spectre d’une « Charia bouddhiste » (Sic !).

Oui, les hommes politiques et éditocrates jacobins n’en ont pas fini de brandir les menaces de « divisions de la patrie » pour s’attaquer à telle ou telle population. Et toujours avec un argumentaire « progressiste » si possible, pour habiller un peu les pratiques autoritaires et dominantes. Du coup si une dictature violente use des mêmes arguments, elle recueillera une certaine bienveillance, ou au moins une non-offusquation.

Il est temps de dire merde aux centralistes, merde à ceux qui crient à la division dès que l’on veut parler autrement, s’éduquer autrement, s’organiser autrement. Les libérations et les émancipations (des peuples, des travailleur-euses) seront leur œuvre propre, pas celle d’autoritarismes de langues, d’écoles, d’États et de drapeaux.

Il est temps de dire merde aux colonialistes et crypto-colonialistes qui imposent leur domination au nom d’une universalité qu’ils ont écrit, oubliant au passage l’autodétermination, les droits des peuples à disposer d’eux mêmes issus de cette même universalité.

N’en déplaise à Mélenchon, l’Internationale se chante aussi en Basque, Corse, Kanak et Breton !

1Des Mariannes, des bonnets phrygiens et drapeaux bleu-blanc-rouge en pagaille sur leurs pages internet. Christine Tassin déclara « nous défendons le point de vue républicain et jacobin sur l’identité et le droit de vote des étrangers » aux « assises de l’Islamisation » de Juin 2012 à Vannes. Pierre Cassen, un des fondateurs, passé par le PC, les milieux troskistes et la CGT du Livre affiche ensuite un discours clairement d’extrême droite, comme l’ensemble de son organisation.

2« Pour que la France ne se voile pas la face », 18 juin 2009

3« Procès reporté pour ramadan : debout la justice ! » 5 septembre 2008
4« Service minimum à l’école: la désobéissance civile des socialistes » 18 novembre 2008
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Tableau de chasse

Voilà une petite opération quotidienne de nettoyage dans mon quartier où ces derniers temps, les fachos collent, collent, collent.

larueestpropre

Première observation, le FAF semble plutôt coller le matin tôt qu’en soirée, question de tranquillité sûrement. Enfin bref, ça n’empêche pas d’arriver, sûrement quelques minutes après lui, pour arracher l’autocollant encore tout frais. Du nettoyage facilité, merci les gars !

Deuxième observation : nous avons là des autocollants de 3 organisations a priori distinctes : « Génération Identitaires », FNJ (Front National Jeunesse), et Jeunesses Nationalistes (Fondées par l’inénarrable Alexandre Gabriac, élu d’extrême droite à Lyon, exclu du FN pour sa tendance à trop tendre le bras, proche de l’Oeuvre Française). Ces autocollants ont été vraisemblablement collés par la même personne : aux mêmes endroits, la même matinée, sans aucun « recouvrements » partiels. A supposer qu’il y aurait eu un membre de chaque organisation, ils ont nécessairement cheminé ensemble bras-dessus-bras-dessous. Mais l’hypothèse du facho multi-colleur est plus probable.

Qu’est-ce que cela nous apprend (ou plutôt nous confirme) ? Que ces organisations ne sont pas dans des logiques d’oppositions et de rivalités, ou du moins, que si celles-ci existent (notamment entre dirigeants), elle n’ont rien de concret sur le terrain. Si l’on peut disserter sur les différences idéologiques et stratégiques qui sont censées habiter ces groupuscules d’extrême droite (« localistes/régionalistes » pour les Identitaires vs Nationalistes pour FNJ et JN, « bourrin » pour les uns vs « acceptabilité médiatique » pour le FNJ), ces « divisions » sont surtout des histoires d’affichage pour ratisser le plus largement possible. D’ailleurs, « Génération Identitaire » se plante régulièrement (historiquement, culturellement) en tentant de récupérer des symboles de diverses cultures locales (en Bretagne, Occitanie, Paris populaire etc…), tout simplement parce qu’ils n’y connaissent rien. Côté pseudo-divisions, les JN, bien qu’étant présentés comme des « dissidents » du FN suite à l’exclusion de Gabriac et autres frontistes adhérents à l’OF, semblent finalement toujours entretenir de nombreux liens avec le FNJ. Gabriac n’avait-il d’ailleurs pas tracté en 2012 pour ses amis du GUD-Paris, alors proche d’un FNJ ouvertement pro-Marine Le Pen ? Ces mêmes GUDards maintenant bien intégré au sein du FN ? Ce même FN qui a recruté récemment le rédacteur en chef de NovoPress, « agence de presse » appartenant aux Identitaires ?

Voilà, ce petit « tableau de chasse » issu d’un petit nettoyage est une belle allégorie des liens tissés entre les groupes d’extrêmes droites aujourd’hui. S’il est important de considérer cette diversité (qui implique une diversité stratégique, et des rivalités qui existent, voir cette cartographie établie par REFLEXes et le nouveau portail antifasciste La Horde), il ne faut pas se leurrer : dans la tête des fachos, ils mènent un combat commun, et les décompositions/divisions/recompositions n’ont que très peu de fond idéologique. Le facho de base pourra coller dans la même minute des messages de trois organisations prétendument distinctes. Et le FN n’a donc visiblement, encore une fois, rien coupé de ses éléments les « plus sulfureux » (toujours bon à rappeler même si plus personne ne considère encore sérieusement cette « dé-diabolisation »).

Dernier constat : le FNJ semble vouloir surfer sur les questions de violences faites aux femmes avec son autocollant « Tu agresses une fille ? T’es qu’une M****! ». Affligeant, surtout quand on voit leurs membres/sympathisants relayer des appels « humoristique » à violer/tuer/fracasser des Femen sur les réseaux sociaux. Enfin bon ça sera un message similaire à tant d’autres destiné in fine à surtout attaquer les musulmans (oui, dans la pensée du lecteur de FdeSouche, il faut forcément être musulman pour agresser une femme, c’est d’une logique imparable).

larueestpropre2

Du coup, j’en ai profité pour poser quelques autoc’ du SCALP que j’avais encore chez moi. Oui, ils sont un peu collector, ces trois là je les garde, souvenir du SCALP-Paris qui s’est auto-dissout pour laisser place à d’autres initiatives antifascistes. Et donc encore une fois, parmi les nouveautés antifa intéressantes, il y a le portail d’info La Horde et la plate-forme antifa-net.fr.

L.T

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Déclaration de la 1ère Rencontre des Peuples en Résistance

DÉCLARATION DE LA 1ÈRE RENCONTRE DES PEUPLES EN RÉSISTANCE Santiago Xanica, Oax. (Mexique)

Les 6 et 7 avril de l’année en cours, dans le municipe de Santiago Xanica, Miahuatlán, Oaxaca, à l’occasion de la 1ère rencontre des peuples en résistance convoquée par les autorités agraires et municipales et les organisations Comité de défense des droits indigènes (CODEDI), Organisations indiennes pour les droits Humains à Oaxaca (OIDHO), Union paysanne indigène de Oaxaca – Emiliano Zapata (UCIO – EZ), Collectif autonome magoniste (CAMA), Alliance magoniste zapatiste (AMZ), plus de 1500 personnes se sont réunies, venant de 30 communautés indigènes, paysannes, étudiantes ou de quartiers, ainsi que de collectifs solidaires internationaux de France, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse, de l’État espagnol. Les axes de travail suivant y ont été développés :

1 – méga-projets ;

2 – terre et territoire ;

3 – organisation, lutte et résistance.

Avec dix grandes tables de travail, comptant sur la participation de communautés des régions Sierra Sur Chatina, Sierra Sur Zapoteca, Costa, Mixteca et Valles Centrales, la situation des peuples de Oaxaca, dans le contexte national et international d’un monde globalisé, a été analysée pour en arriver aux conclusions et accords suivants.

1 – Les méga-projets, tels que mines, éoliennes, barrages hydroélectriques, grands projets touristiques, la sur-exploitation de nos eaux par les entreprises, les grandes routes et l’exploitation massive de nos bois ne bénéficient en rien à nos peuples et régions. Au contraire, ils servent les grands intérêts des entreprises transnationales et des différents gouvernements (fédéral, des États, municipaux et agraires) qui leur sont liés, pour saccager les richesse naturelles des peuples. La conséquence en est la destruction de notre environnement, la division de nos communautés, l’attaque contre notre identité culturelle et de fait le viol de nos droits fondamentaux. Tous les présents sont donc d’accord pour ne permettre l’entrée d’aucun méga-projet dans nos territoires.

2 – Défendre nos territoires, qui englobent nos terres, eaux, bois, airs, nos communautés mêmes et leurs coutumes, ainsi que toutes les richesses naturelles et minérales qui s’y trouvent, est notre décision, et elle est sans appel. Dans ce but, nous nous sommes mis d’accord pour surveiller nos autorités agraires et municipales afin qu’elles en signent pas de contrats corrompus avec les entreprises et/ou gouvernements impulsant quelque plan d’exploitation et de saccage de nos richesses que ce soit. En contrepoint, nous ferons l’effort de concrétiser nos projets alternatifs de production agricole en harmonie avec la nature, nous rejetterons fermement et l’utilisation de produits chimiques dans l’agriculture et l’introduction de maïs transgénique dans nos régions. Nous exigeons que cesse la sur-exploitation de nos eaux et le rejet des eaux usées non traitées dans nos fleuves et mers ; nous défendrons que la propriété sociale de la terre doit être communale ou ejidale.

3 – Nous nous engageons à fortifier nos communautés et organisations, résistant contre toute tentative de division de la part des partis politiques et contre l’achat-vente de consciences, parce que nous avons besoin d’unir nos forces pour affronter les grands intérêts qui nous menacent. Nous donnerons suite à ces rencontres, impulsant assemblées, ateliers d’information au niveau de la communauté ou de l’état, au niveau national ou international, tissant solidarité et alliances avec les luttes et résistances d’autres peuples du pays et du monde.

Reprenant le grand savoir de nos ancêtres qui ont su résister contre les impositions et expulsions de l’ennemi pendant des siècles, nous n’abandonnerons pas la construction de cette grande unité des peuples et organisations pour la défense de nos territoires et manières de vivre, les droits de nous tous et les générations futures.

Cette 1ère rencontre des peuples en résistance se prononce en outre pour :

- l’arrêt des persécutions des activistes du mouvement contre les éoliennes de l’Isthme de Tehuantepec ;
- l’arrêt de la criminalisation des lutteurs sociaux qui défendent territoires et ressources naturelles ;
- la liberté inconditionnelle pour les compagnons David Venegas Reyes et Feliciano Efrén Hernández Pablo ;
- la liberté pour tous les prisonniers politiques ;
- l’arrêt immédiat de la pollution par les eaux usées des fleuves et côtes de Oaxaca ;
- le refus des programmes PROCEDE et FANAR dans nos communautés ;
- la solidarité avec les mouvements de lutte européens contre les méga-projets, du TAV dans le nord de l’Italie et de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en France ;
- le refus des réformes néolibérales de privatisation de l’éducation, et celles de l’énergie et du travail.

POUR LA DÉFENSE DE NOS TERRITOIRES, NOUS RÉSISTERONS UNIS ET JAMAIS NOUS NE RECULERONS !

Santiago Xanica, Miahuatlán, Oaxaca, le 7 avril 2013.

tierra y libertad

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« Zadist et Voltaire »

ZadistetVoltaire

Dédicace à FL…

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« Mais c’est de l’humour ! »

Il se trouve encore des gens, parfois complètement intégrés dans le « paysage médiatique », pour défendre Dieudonné, qui serait « victime de l’ambiance de l’époque ». Soi-disant Desproges et Coluche faisaient des trucs qu’on ne pourrait plus faire aujourd’hui, qu’ils ont pu faire des blagues sur les Juifs sans susciter les mêmes réactions que Dieudonné.

Sauf que Desproges ou Coluche n’ont jamais invité des nazis dans leur théâtre1 (ou alors pour leur faire un procès) ont toujours entretenu une large distance avec l’extrême droite, quand Dieudonné s’y est complètement intégré. Lorsque Coluche a fait sa campagne présidentielle et s’est rapproché du poujadiste Gérard Nicoud , ça lui a déjà un peu flingué son projet (qui n’était déjà pas forcément sérieux) et ça lui a été reproché. Et pourtant ça restait très soft par rapport aux fréquentations de Dieudonné.

Ce que tu ne comprends pas Alexandre Astier, c’est que Dieudonné ne peut pas être considéré, comme tu le voudrais « uniquement pour ce qu’il fait sur scène ».

« La quenelle », à vomir…

Il ne se contente pas de faire des salut nazis « pour rire » sur le plateau de Fogiel mais aussi en vrai, avec cet élégant détournement de la « quenelle » que l’on « glisse ». C’est à dire qu’on pointe le bras vers le bas et qu’on en simule l’introduction dans l’anus, façon de dire « et ouais je fais un salut nazi mais pas complètement donc je te le mets profond » (« Glisser une quenelle » peut aussi signifier avoir réussit à faire passer un sous-entendu anti-sémite dans un média sans être trop explicite et donc inattaquable2 ou plus généralement faire un sale coup à quelqu’un) . Salut repris par avec enthousiame au sein de l’extrême-droite politique admiratrice de Dieudonné (Soral, Le Pen…) ainsi que ses nombreux fans. Il est également fait de façon plus surprenante par les sportifs Tony Parker ou Teddy Riner. Mouloud Achour, avait quant à lui déclaré prévoir une petite « quenelle » (pourtant dans un clash contre Jean-Marie Lepen)3. Savaient-ils de quoi il s’agissait exactement ?

Quenelle1

Quenelle2

Quenelle3

Quenelle4

Quenelle Teddy Riner

Quenelle Tony Parker

DieudoNoahTweet

Yannick Noah ne fait pas le salut de la Quenelle mais s’affiche hilare en compagnie de Dieudonné après avoir visiblement assisté à son spectacle (Tweet de Dieudonné le 22 mars 2013).

Coluche et Desproges ne sont pas allés à Téhéran rencontrer Mahmoud Ahmadinejad avec Yahia Gouasmi ; ni à Damas rencontrer Manaf Tlass avec Meyssan et Chatillon. Ils n’ont pas fait financer leurs films par l’Iran.

Dieudonne Iran

Ils ne s’affichent pas au quotidien avec Alain Bonnet de Soral, bourgeois prétendument punk et ex-PCF auteur de pamphlets et vidéos franchement racistes et antisémites, machiste et antiféministe notoire qui justifie le viol dans « Sociologie du dragueur ». Coluche et Desproges n’ont jamais émis l’hypothèse (dans le cadre tout à fait sérieux d’un entretien chez Ardisson le 11 décembre 2004) que le Sida était « une invention [peut être des Israëliens « il faudrait faire une enquête »] pour anéantir le peuple noir d’Afrique»

Non, Coluche comme Desproges se sont contentés de faire de l’humour, des chroniques, pas toujours drôles, un peu de bienfaisance, ou des expériences politiques bancales mais toujours très loin des fréquentations que peuvent être celles de la galaxie Dieudonné.

Et non Dieudonné n’est pas « interdit de médias » parce qu’il est noir et qu’un noir ne pourrait pas dire ce qu’il veut (sa défense victimaire favorite). Il suffit de voir les sketchs (franchement pas drôles d’ailleurs) débordant de sexismes et de clichés de Cavannagh, la déclaration de Fabrice Éboué sur le féminisme4, ou encore le bon gros dérapage raciste anti-asiatique de Thomas Ngijol chez Ruquier le 16 octobre 2010. Parce que ce contenu (ni drôle, ni innocent) n’est pas érigé en vérité ni défendu via une organisation, parce qu’un comique est là dans le rôle du beauf et du bouffon, et non théoricien ou bailleur de groupes fascistes.

Ça ne veut pas dire qu’un humoriste ne peut pas à l’occasion être engagé, faire de la politique (même si ils ne sont généralement pas bons), cela veut dire que, lorsque l’on chemine avec des groupes antisémites, racistes (comme Kémi Séba5 ou Thomas Werlet6 ), on ne peut pas prétendre ensuite que ses sketchs sur les Juifs, son ovation à Faurisson, serait juste « de l’humour borderline ».

Si un jour on voit Cavannagh ou d’autres traduirent le contenu beauf/raciste/sexiste de leurs sketchs dans leurs quotidiens, si on les voit se rendre à des manifs racistes/sexistes/homophobes, à la fête Bleu-Blanc-Rouge , donner des interviews au journal fasciste Rivarol ou faire baptiser leurs enfants dans une église intégriste, on ne les verra différemment. Idem si ils faisaient applaudir sur leur scène un individu condamné pour négationnisme.

Dieudonne sioniste plutot que juif
« Je ne prononce pas le mot juif. Après mes différents procès, j’ai compris qu’il pouvait y avoir interprétation sur ce mot alors que sur sioniste, il n’y a pas d’interprétation possible. » Dieudonné, 2005.

Finalement qu’importe que Dieudonné ait ou non du talent, qu’il fasse rire des milliers de personnes.

On s’en fiche. Il est clair que Dieudonné ne peut prétendre faire « juste de l’humour ». A travers ses spectacles, ses films, et surtout avec ce qu’il développe autours (politiquement : liste « antisioniste », soutien à Kemi Seba pour son procès, séjour avec les dignitaires antisémites de régimes dictatoriaux), Dieudonné est aujourd’hui avant tout un militant d’extrême droite. Et depuis longtemps maintenant.

Il serait temps que Alexandre Astier, Tony Parker, Teddy Riner, Pierre Menès7, Bruno Gaccio8, Mouloud Achour, Yannick Noah et d’autres s’en rendent compte.

1 Thomas Werlet, leader du groupuscule néonazi « Droite-Socialiste » participe à une conférence avec Dieudonné et le centre Zara au Théâtre de la Main d’or. Le Service d’ordre de la « Droite Socialiste » était assuré par le groupe « Nomad88 » une bande de Boneheads nazis condamnés dans le mitraillage d’une cité dans l’Essone.

2 Taper « Glisser une quenelle » dans un moteur de recherche donne un aperçu édifiant.

4 « Le féminisme, c’est pas seulement des femmes autoritaires ou des mal-baisées, c’est aussi des lesbiennes ! »

5 Accueilli pour sa prestation « Politik Street Show : Sarkophobie » au Théâtre de la Main d’or de Dieudonné en 2007

6 Cf 1ère note

7 « Le meilleur, c’est Dieudonné » déclare-t-il, quoiqu’un peu géné, sur France 4 le 18/11/10

8 Auteur avec Dieudonné (qu’il soutient) du livre « Peut-on tout dire ? »

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Appel à souscription des éditions L’Insomniaque pour un livre à paraître bientôt à propos de la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (et son monde)

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